De la discussion au conflit : quand les émotions nous embrouillent

Publié le

22 janv. 2026

par Mathilde Carrée

Nos émotions peuvent être impulsées par notre sagesse naturelle comme elles peuvent l’être par la voix de l’ego. Quoi qu’il en soit, elles ont tendance, de façon fâcheuse, à s’infiltrer dans les discussions, spécialement lorsque notre amour-propre se sent menacé. Que nous craignons de nous sentir stupide, d’être déstabilisé, de perdre la face, d’avoir l’air ridicule, ou d’être abusé, lorsque nous parlons avec un proche des émotions inconfortables s’invitent dans nos conversations sans y être conviées, avec pour conséquence de réduire à néant nos bonnes intentions. Alors que faire ?


Les émotions sont un obstacle à la communication authentique

Quand une conversation se transforme en dispute, c’est parce qu’un trop plein émotionnel nous pousse à réagir en réaction à ce que l’on éprouve sur le moment. Dès lors, nous nous mettons à donner un total crédit à nos émotions, considérant celles-ci comme la voix de la vérité suprême. Par exemple, l’excès de colère nous stimule à régler nos contentieux. En proie à la jalousie nous pouvons subitement nous transformer en tyran. Le sentiment de culpabilité, quant à lui, nous pousse à nous justifier ou à l’inverse, nous encourage à accabler notre interlocuteur, de telle sorte qu’il ou elle se retrouve dans ses petits souliers, ce qui aura comme avantage de se sentir à nouveau sur un pied d’égalité avec lui. Quant au stress et au sentiment d’impuissance, ils peuvent nous pousser à adopter une posture de fermeture ou de rejet. Ce ne sont que quelques exemples sachant que pour d’autres, les réactions peuvent être diamétralement opposée. Quoi qu’il en soit, ces types de réactions ne facilitent absolument pas les échanges et permettent d’ailleurs rarement d’arriver à une compréhension mutuelle. Dès que trop d’émotions s’emparent de nous, notre état d’esprit change et notre comportement avec. Nous troquons notre langage habituel par une forme de langage qui ne nous ressemble guère pouvant devenir accusatoire, insultant, vulgaire, ambivalent, condescendant ou encore dénigrant. Certaines personnes vont plutôt se fermer, se bloquer ou se mettre à bafouiller.

D’où la nécessité d’acquérir une maîtrise de soi correcte

Le danger principal réside dans le fait que lorsque nous sommes envahis de colère, d’amertume ou de chagrin, nous croyons être plus lucide que jamais. Or, si effectivement les émotions peuvent nous aider à prendre conscience de quelque chose que jusqu’à présent nous n’avions pas perçu, il n’en reste pas moins qu’elles inhibent notre aptitude à réfléchir avec acuité. Trop d’émotions conduit à surréagir au lieu de faire preuve de tempérance et de circonspection. Nos réponses deviennent excessives, pouvant aller jusqu’à faire de l’autosabotage, ce qui fatalement découragera la motivation de chacun à fournir les efforts nécessaires qui permettraient de mieux se comprendre. Dès que nous sommes sous l’effet de l’émotion, notre esprit s’embrouille. Il peut être difficile de réprimer sa propre agressivité ou de lutter contre l’envie de se refermer. Cependant, en laissant nos tendances impulsives prendre le contrôle, nous nous exposons à du rejet, des griefs, des protestations et même parfois des représailles. L’emportement n’apporte rien de bon, si ce n’est une décharge vers l’extérieur du trop-plein qui nous assaille et dont on ne sait que faire. Mais ce n’est pas en refilant ce trop-plein émotionnel à l’autre, que les choses pourront s’arranger. Au contraire, la personne, à son tour, va se mettre à contre attaquer ou alors elle va se replier. Au mieux elle mettra des limites solides de façon à ne pas se transformer en punching-ball. Quoi qu’il en soit, inéluctablement, il va arriver un moment où la relation et les sentiments seront à bout de souffle. Quand on s’en rend compte, il est souvent trop tard, le mal est fait. Faire marche arrière est tout bonnement impossible. Ce qui a été abîmé pendant la dispute va requérir une forte implication de la part de chacun pour remettre de la confiance là où elle a été massacrée.

Plus on évite le conflit, plus les émotions croissent

Par crainte de se faire plus de mal encore, les personnes tant blessées que déçues finissent souvent par fuir les sujets sensibles, ceux-là même qui peuvent potentiellement heurter le ou la partenaire et l’amener à se retrancher, ou à l’inverse, à se révolter. En somme, dans ce contexte, c’est l’angoisse de se confronter aux réactions émotionnelles de l’autre qui fait que la personne en vient à s’empêcher de mettre les pieds dans le plat. Ce ne sont pas les émotions en tant que telles qui effraient tant, mais plutôt les réactions disproportionnées ou inappropriées qui pourraient surgir lorsque la discussion appuie là où ça fait mal. Alors, on opte pour la politique de l ’autruche pour éviter de faire ressentir à l’autre des douleurs enfouies que l’on sait qu’il ou elle préfère oublier (mais qu’il est impossible d’oublier car si on peut oublier un souvenir, en revanche il est impossible pour le système nerveux, d’oublier la mémoire émotionnelle inhérente au souvenir, l’émotion ne peut donc qu’être refoulée. Ce qui revient à dire que l’émotion enfouie va finir par ressortir soit de façon impulsive, soit sous forme de symptôme, indépendamment de la volonté de la personne). Quand on s’empêche de dire ce que l’on pense vraiment, quand on se retient de parler de ses besoins, de ses doutes, de ses déceptions, de révéler ses préférences, les échanges finissent par devenir trop superficiels. Et à force de rester en surface, la connexion n’y est plus.

L’émotion nous fait regarder les choses à travers un miroir déformant

Nous en avons tous fait la douloureuse expérience : sous l’effet de la douleur émotionnelle, se mettre à dire des choses qu’en temps normal on ne pense pas, s’exprimer dans une énergie impétueuse, forcer le trait, provoquer, tester l’autre, exagérer, devenir hyper susceptible. Tout cela parce que l’égo voudrait par-dessus tout pouvoir se dire que l’on a raison sur toute la ligne et que notre souffrance résulte uniquement du comportement de l’autre qui ferait bien, d’ailleurs, de se remettre en question de toute urgence. On aime se faire croire à soi-même que l’on est victime d’une injustice qui, parfois est bien réelle, mais d’autres fois, l’injustice n’existe que dans notre esprit, parce qu’il est courant de projeter les blessures du passée non pansées, dans le contexte présent. Si l’on veut éviter que la discussion ne se transforme en règlement de compte, mieux vaut s’attacher à ne pas se laisser embarquer dans le flux de l’émotion, en particulier lorsque l’on sent que les émotions sont virulentes. Il s’agit avant tout d’une lutte avec soi-même bien que l’on se sente principalement en lutte avec l’autre personne, parce que c’est une chose vraiment très dure à faire que d’arriver à ne pas céder à la tentation quasi compulsive qui nous pousse à nous engouffrer, tête la première dans une posture défensive. Lors d’un conflit, chacun des protagonistes est presque toujours intimement convaincu que c’est l’autre qui a provoqué le premier. Cela s’explique par le fait qu’une personne en mode défensif est davantage en réaction à ses émotions qu’à ce qui lui a été réellement exprimé. La capacité d’écoute est grandement altérée, non pas parce que la personne ne s’applique pas à écouter (bien que cela puisse aussi être le cas), mais surtout parce que ce qu’elle entend est déformé par sa perception interne. Sous l’effet d’une émotion forte, il arrive que l’on entende l’exact inverse de ce qui a été dit factuellement.

Trouver la juste posture entre surréagir et fuir

On l’a vu, la solution ne consiste pas à prendre la fuite, ni à se fermer comme une huître et encore moins à tout faire pour éviter les conversations potentiellement délicates. Si l’on veut éviter que la relation ne se détériore au point de péricliter, il y a urgence à effectuer un travail sur soi, seul ou conjointement, dans le but d’acquérir une maîtrise de soi correcte malgré les bouleversements intérieurs auxquels nous sommes tous confrontés à certains moments. Il va s’agir de développer quelques compétences essentielles à toute relation harmonieuse. Entre autres choses, il sera question d’apprendre à être attentif à ce que l’on éprouve au-dedans de soi tout en gardant la tête froide de façon à être capable de dire ce qui est important pour soi sans entraver l’écoute. Cela afin d’empêcher les réflexes plus ou moins préjudiciables que l’on a l’habitude d’avoir en de telles circonstances (qui sont des réflexes acquis par mimétisme) d’avoir la main mise sur notre bonté naturelle. Je ne dis pas que c’est facile, mais ce qui est sûr c’est que tout le monde peut y arriver à partir du moment où l’envie est là. Chacun peut apprendre à le faire, c’est une question de responsabilité personnelle. Plus on a été affecté par d’anciennes relations (y compris celles de l’enfance), plus la nécessité est de rigueur. C’est aussi à cela que peut servir le thérapeute : arriver à dire ce que l’on a sur le cœur sans se compromettre, écouter sans se laisser embarquer dans la souffrance tapageuse tout en consacrant une attention à cette souffrance. On peut tout à fait éprouver de la colère sans se mettre en colère. On peut être blessé sans chercher à mordre pour se défendre. Il revient à chacun d’aller visiter ses comportements défensifs de façon à acquérir la possibilité de mener à bien une discussion, y compris lorsqu’elle est sensible. Cela dit, pour que cela fonctionne, chacun doit y mettre du sien, il n’est pas question que seul, l’un des deux fasse tous les efforts. Il faut vraiment comprendre que nos émotions ne sont pas notre personnalité. Nos émotions sont des messages psychiques qui cherchent à nous guider dans le brouillard. Lorsque l’on a perdu l’habitude d’être attentif au quotidien à nos émotions, on ne peut les entendre que lorsqu’elles sont excessives et déclenchées par quelque chose qui nous touche au plus profond de notre être. Cela ne veut pas dire, que la meilleure chose à faire soit de s’écouter sans recul, parce que dans le tintamarre émotionnel, ce que l’on entend est toujours cacophonique.

Ce qu’il faut retenir

Pour qu’un dialogue soit profitable à chacun, dans le sens où il favorise une compréhension réciproque et qu’à l’issue de la discussion des décisions puissent être prises conjointement, il est clairement souhaitable d’avoir une idée de ce qu’il se vit au-dedans de soi. Ce n’est pas nécessairement évident d’y être attentif au moment même où cela se bouscule. Mais cela est nécessaire si on veut éviter d’arriver à ce point ultime où il n’est plus possible de faire la part des choses. Trop d’émotions accumulées comme trop d’émotions refoulées, dans les deux cas, la communication ne pourra être ni limpide, ni constructive. Elle prendra plutôt la forme d’un dialogue de sourd dans lequel chacun entend ce qu’il croit entendre. Il y aura beaucoup d’interprétations et de confusions, ce qui ne fera qu’accentuer les frustrations respectives.

Elixirs recommandés en lien avec la thématique

Outre les élixirs du Dr Bach, il existe des élixirs floraux de provenances multiples qui traitent les personnes selon leurs états d’âmes et leur tempérament. Ces plantes agissent pour notre bien-être, allègent nos angoisses et nous rapprochent de nous-même en agissant sur le plan subtil informationnel. Non seulement, notre état intérieur évolue, mais pas seulement, nos comportements aussi. Tous les élixirs visent à nous ramener vers l’harmonie originelle. Prises occasionnelles ou en cure selon les besoins de chacun, je vous propose 3 élixirs contemporains Dévas qui possèdent la capacité de soutenir toutes les personnes qui se retrouvent dans la problématique évoquée.

Elixir de Gueule de Loup (catégorie des élixirs floraux contemporains dévas) : Il facilite le développement de la parole "vraie". Conseillé aux personnes susceptibles et facilement irritables, qui ont le sens critique exacerbé ou qui rencontrent des difficultés à s’exprimer autrement qu’en criant ou avec agressivité. Il aide à s’exprimer en lâchant prise émotionnellement à travers une expression verbale harmonieuse.

Elixir de Camomille (catégorie des élixirs floraux contemporains dévas) : Il nous aide si nous avons tendance à nous contrarier facilement, si nous avons les "nerfs à vif". Cet élixir est un stabilisateur d’émotions grâce à ses vertus apaisantes

Elixir de Mourons des Champs (catégorie des élixirs floraux contemporains dévas) : « Je m’exprime avec la chaleur de mon cœur et je suis vraiment compris lorsque je m’exprime avec sincérité ». Il nous laide à découvrir et à transmettre aux autres l‘authenticité de nos émotions dans une posture de sincérité et de compassion. Dans les phases difficiles, il évite le repli sur Soi-même et permet d’exprimer librement ses émotions.